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Notre vision de la profession


Après 55 ans d’existence relativement stable, la profession d’expertise comptable connaît depuis une vingtaine d’années (tournant pouvant être positionné symboliquement autour de l’an 2000) des modifications majeures dans de nombreux domaines, modifications qui ont la particularité d’être simultanées et de s’intensifier dans le temps.

1Évolution du contexte économique

Notre profession avance dans un environnement économique de plus en plus complexe, imprévisible et international, sur tous les plans, juridique, fiscal, social et sociétal. Nous sommes de plus en plus influencés par des événements extérieurs.

Nous faisons face également à une prolifération de dispositifs toujours plus contraignants. Nos cabinets consacrent de plus en plus de temps à décortiquer des textes aussi nombreux qu’illisibles pour nos clients qui perdent un temps précieux pour les appréhender au détriment de leur activité. C’est pourquoi ils se rapprochent de nous car nous avons la compétence et la formation pour les accompagner. Cependant, ce temps que nous consacrons à ces missions de décryptage bureaucratique sans aucune valeur ajoutée amenuise celui que nous pourrions leur consacrer pour dynamiser leur activité avec nos conseils avisés. Notre rôle de créateur de valeur est mis entre parenthèse et notre institution nationale, censée défendre notre profession, laisse faire sans rien dire. Le dernier exemple en date est toujours d’actualité : la gestion de la crise COVID sans que notre profession n’ait été consultée en amont ou écoutée en aval. Est-il normal que notre institution accepte sans mot dire que nos clients, les entreprises qui font la force économique de notre pays, financent leurs pertes par de l’emprunt ? Comment peut-on accepter de mettre nos clients les plus fragiles sous perfusion en leur promettant une mort certaine mais plus tardive alors que d’autres solutions, peut-être même moins coûteuses pour l’Etat, pourraient permettre de les sauver ? A quel moment nous a-t-on consultés ? Et comment ? Dans le même esprit, comment accepter d’écarter de la majorité des entreprises le recours à un professionnel assermenté extérieur, le commissaire aux comptes, dont l’intervention est un gage de confiance et de sécurité pour le dynamisme de l’économie et le bon fonctionnement du crédit inter-entreprises ?

2Révolution des technologies et du numérique Intelligence artificielle, block Chain, automatisation, Facturation Electronique

Autant de sujets qui vont bouleverser notre exercice professionnel dans les années à venir. Pourtant, il ne faut pas les craindre car ces évolutions sont sources de croissance pour nos clients et pour nos cabinets. Il nous appartient d’être leader sur ce sujet, nous approprier les nouvelles technologies pour rester le partenaire incontournable de l’économie numérique.

Nous avons été visionnaires à l’époque de la création de jedeclare.com. Nous pensons aujourd’hui avoir franchi un cap aussi décisif avec jesignexpert, jefacture.com et notre expertpass… Les bonnes idées sont là ! Il faut juste qu’elles soient bien pilotées. Force est de constater aujourd’hui que ce n’est pas le cas et qu’une trop faible proportion de notre profession utilise ces outils peu intuitifs, contraignants et moins performants que d’autres sur le marché. L’Ordre a les moyens de former, de mettre à disposition ces outils aux confrères qui n’ont pas réussi à prendre le virage technologique.

3Libéralisation de la réglementation de la profession

(comme toutes les professions réglementées) sous la pression de la commission européenne. Le seul exemple de la loi PACTE, le plus marquant, traduit la pression que notre profession subit de la part de la commission européenne dont le bras armé est le Gouvernement français auquel appartient notre tutelle.

L’étau de notre tutelle se resserre doucement mais sûrement sur notre profession en nous imposant de plus en plus de contraintes pour absorber les missions anciennement dévolues à une administration qui s’allège et élague ses équipes tout en nous imposant de plus en plus de contrôles. Ces évolutions génèrent de nouveaux défis stratégiques pour les cabinets d’expertise comptable, notamment les plus petits. Les cabinets doivent s’adapter, changer, non seulement pour répondre au nouveau contexte et aux nouvelles attentes mais aussi peut-être tout simplement pour survivre.

4Conclusion : Est-ce acceptable ?

Au cours des dernières années, vous avez été nombreux à exprimer votre déception de voir notre institution défaillante, sinon absente ou inefficace sur le traitement de ces sujets. Nous, membres de RECIT, faisons le même constat avec la même déception.

Cependant, nous avons décidé d’agir en mettant en avant les facteurs clés de succès que nous avons identifiés pour préserver les intérêts de notre profession et son avenir : l’indépendance, la compétence, la performance. Nous devons être respectés de notre ministère de tutelle, nous ne pouvons plus accepter qu’un ministre critique nos missions alors que nous savons que nous sommes des facilitateurs de mise en place des textes, des règlements et autres dispositifs de l’administration. Les trois axes d’indépendance, de compétence et de performance sont l’apanage de nos cabinets traditionnels de petite ou moyenne taille. Il nous appartient de défendre ces objectifs ensemble dans notre intérêt commun.